dimanche 1 septembre 2013

Mission N°02 Très Possible

Enfin, le suspens se termine, le voile se lève !
Voilà le lien du blog de la Mission N°02 Très Possible...
Nouvelle forme, même fond !
Indice pour ceux qui se passionnent pour les drapeaux :
Donc, la Mission N°02 Très Possible se déroulera à Abidjan, en Côte d'Ivoire ; je travaillerai à l'école Jacques Prévert, annexe du Lycée Français Blaise Pascal.
Je me répète : ce ne fut pas un choix de quitter Bangui, où je me sentais bien, où les meilleures perspectives s'annonçaient, mais les conditions socio-politiques du pays et le changement de statut du Lycée Français Charles de Gaulle - déconventionnement imposé par le MAE et non demandé par les enseignants - m'ont poussé à quitter la RCA, maintenant sans trop de regrets je l'avoue !

Bilan des 48 mois, fin de mission

4 ans
48 mois
1461 jours
35064 heures...
Avec des hauts (début de mission), et des bas (fin de mission) !
La couleuvre a été difficile à avaler... mais c'est fait et recraché !
*§*
Quel bilan faire de ces quatre années ? Je vais essayer de faire court.
Je partage cette mission de quatre ans en trois périodes.
- de septembre 2009 à septembre 2011 : une belle aventure.
Première expatriation - heureusement démarrant bien -, découverte d'un beau et généreux pays, d'une nouvelle équipe aussi, de nouveaux amis. Malgré quelques "incidents" mineurs et oubliés, mes articles en attestent : cette période restera ancrée dans ma mémoire, indéniablement positive !
- de septembre 2011 à décembre 2012 : le changement.
Des changements dans la hiérarchie et l'équipe transforment le quotidien durant cette seconde période : relationnel tendu, investissements identiques mais engagements différents, confiance réciproque diminuée, esprit de travail abîmé, ambiance au LFCDG fragilisée ! Heureusement, en dehors de cela, humainement, rien n'évolue négativement, au contraire : la difficulté crée la force collective et accentue les liens !
- de décembre 2012 au 20 juin 2013 : La fin brutale.
Troisième et dernière période épuisante, physiquement, moralement et nerveusement. Tout a commencé par les conflits internes au LFCDG, cela a surtout continué à l'extérieur, avec des crises professionnelles certes, mais surtout socio-politiques, entrainant le déconventionnement du LFCDG et la fermeture des postes AEFE. Triste fin de cette expatriation, vies dévastées !
*§*
Les avis de nombreuses personnes françaises, d'horizons divers et variés, convergent vers les mêmes conclusions ; toutes rejoignent les miennes.
Dans la crise, le manque de considération des personnels a été permanent, donc déprimant, violent, choquant. La communication quasi-absente a été très mal perçue et donc mal interprétée. Les ressortissants français se sont sentis délaissés, seuls, ni soutenus, ni accompagnés ; certains ont vécu des situations très douloureuses, voire périlleuses, moralement et physiquement.
La décision de fermer le LFCDG a été abrupte, imposée de façon unilatérale ; les personnels n'ont pas été associés, ni même sollicités, et un petit courriel de 4 lignes a annoncé que l'an prochain, les postes AEFE, voire des contrats locaux, du LFCDG auraient disparu. Les personnels, en plus d'être déprimés, angoissés pour leur avenir, ont été inquiets, tristes, émus et choqués - encore une fois - de la brutalité et l'inhumanité de la décision ; certains avaient construit leur vie en RCA ; ils ont dû tout quitter, parfois en perdant beaucoup. Des situations familiales restent instables, difficiles.
Des militaires présents ont même essayé de soutenir les ressortissants français, par leurs présences, gestes et propos, voyant et ressentant les défaillances.
Le départ des professeurs sur les postes AEFE a généré un malaise. En effet, il y aura moins de soutien pédagogique à la nouvelle structure mise en place en urgence - cours par correspondance avec professeurs locaux -. La coordination des cours, la formation des collègues, la gestion de l'établissement..., tout doit être revu et pris en charge différemment ! Mais honnêtement, qui aurait accepté plus de responsabilité pour un salaire divisé par 3 voire 4 ? Il n'y a eu encore une fois aucune considération des volontaires, aucune condition attractive ! Sans parler des élèves, des parents...
Aux dernières nouvelles, plusieurs personnes le confirmant à Bangui, la rumeur dit que ce sont les professeurs qui ont fait que le LFCDG ferme : ils ont eu peur (pourtant, il n'y avait pas de quoi !!!) et ont demandé leur droit de retrait (environ 40% pour rester honnête.) ! Un peu facile d'expliquer une telle décision : quel pouvoir certains possèdent, quel courage d'autres ont ! La diplomatie et la politique sont des domaines incompréhensibles et impénétrables pour les néophytes et ignares que les professeurs sont surement !
Surréaliste.
La crise politico-militaire a détruit un cadre de vie paisible, auparavant difficile mais peu violent. Le non-droit, la violence et la terreur règnent encore après plusieurs mois de changement de régime. Les conséquences de cette crise seront lourdes ; les ONG et autres organismes de soutien sont partis et se réengagent lentement ; le peuple souffre ; peu d'expatriés reviennent à Bangui, donc des emplois disparaissent, des commerces ferment ; les devises et flux financiers diminuent...
Au delà de toutes ces incontestables tristesses, réelles douleurs et indéniables déconsidérations, il vaut mieux se tourner vers le futur qui semble s'assombrir en RCA mais s'éclaircir pour beaucoup, dont moi !
*§*
Pour reprendre les points habituels des bilans passés, une petite synthèse :
* : avis négatif. * : avis mitigé. * : avis positif.
* Lycée : Comment dire ? Vous connaissez l'Enfer de nos références judéo-chrétienne, l'opposé de l'Eden quoi ! Et bien, on y fut presque... Ambiance abîmée, dynamique cassée, esprit ruiné,  équipe démoralisée. Temps fort, le 07 février 2013 : grève au LFCDG (97% de grévistes sur tous les personnels), fermeture de l'école, une première à Bangui ! Pour finir, le LFCDG change de statut et les postes AEFE disparaissent, comme les agents.
* Classe : Heureusement que dans cette tourmente, il y eut les collègues et les élèves. Je suis malheureux pour ceux qui sont restés "terrés" chez eux depuis le 25 mars car tous n'ont pas pu quitter le pays. Je n'ai pas non plus les photographies de la classe, prévues les 25 et 28 mars. Et enfin, j'aurai une grosse pensée pour que ceux qui restent à Bangui réussissent. Malgré tout, je suis fier car les 5 premiers de ma classe 2012/2013 ont fini chacun premier de leur nouvelle classe en France !
* Engagements : Peu d'engagement : l'Alliance Française de Bangui a fermé, les adhérents de l'AMAC sont restés silencieux. Seul mon rôle de chef d'ilot a été efficace en temps de crise !
* Maison : J'y avais encore des perspectives heureuses, tout allait bien, tout a été stoppé. La maison est vide, les personnels licenciés... Tout à refaire.
* Visite : celle d'Annie commença bien mais la fin fut éprouvante : la crise de décembre nous imposa de rester confinés dans la concession, le tout avec une bonne fièvre à son départ ! Celle du frère et d'Aurélie a été simplement annulée : heureusement, on aurait été tous enfermés pendant le coup d'état !
Bénit : totale rémission de la leucémie, décès à cause de la varicelle, fatale !
* Moïse : lui, il va bien ! Et heureusement qu'il fut présent... D'ailleurs, il fera partie du casting de la Mission N°02 Très Possible ! Ses projets ont eux-aussi changé : plus de maison, plus de famille, son pays et ses proches à quitter...
* Tension socio-politique : je ne reviens pas dessus, ayant écrit assez sur ce sujet. A ce jour, rien n'est revenu au calme, ni à Bangui, ni dans les provinces d'où les informations ne remontent pas.
* Vie personnelle : tout allait bien ! Des projets enrichis, une perception différente de la vie, de la ville et du pays, tous transformés par l'achat du 4x4...
Tout à refaire !
Et quelques états d'âme : triste anniversaire ! Cela a fait 10 années que ma Maman n'est plus !
En conclusion : oui, tout à refaire !
A part la tristesse de quitter Bangui, la RCA et les gens que j'aime, ma seconde expatriation me rend heureux et m'excite, sans appréhension. Elle démarrera sans déprime, comme cela fut le cas en arrivant à Bangui.
Et puis la vie d'expatrié n'est pas faite pour rester 20 ans dans le même pays, le monde est grand !
De Bangui, je garde tout de même des moments formidables, magiques, et des amis, rares. C'est l'essentiel de la vie, non ?
*§*

vendredi 30 août 2013

Enfin le départ

07h54 : première bonne nouvelle
L'aéroport a été dégagé ; la population - après avoir discuté avec le Président de transition et obtenu une belle enveloppe - a regagné son quartier.
On espère juste partir, même sans le nouvel aéroport !
Même s'il pleut, les vols ont repris et des avions se sont posés ce matin !
On espère juste partir, même sans très gros avion ! Juste un petit...
Un avion plus gros est prévu pour cumuler les passagers de mercredi et de samedi...
12h27 : seconde bonne nouvelle
De Casablanca, le siège de la RAM m'appelle et confirme les deux vols : départ demain !
La Mission N°02 Très Possible pourrait commencer ?

jeudi 29 août 2013

Repos et farniente...

Après tout, autant en profiter...
Mon futur établissement est au courant et prend de mes nouvelles, la situation locale semble se stabiliser, voire s'améliorer... La semaine prochaine - si nous décollons - sera chargée - prérentrée des enseignants, rentrée des élèves, installation - donc, autant se reposer, recharger les batteries et profiter !
Matin, après-midi... On en profite bien ! 
En attendant le départ...

Evolution

Aux dernières rumeurs !
Le tarmac de l'aéroport aurait été dégagé la nuit dernière, mais les Banguissois y reviendraient encore plus nombreux : les appels à protestation et - dixit les médias et les réseaux sociaux - "désélékanisation populaire et pacifiste" porteraient leurs fruits.
Un avion-cargo aurait atterri ce matin - donc piste libre - et le vol commercial AF serait maintenu ce soir.
Un contingent de plusieurs centaines de légionnaires serait arrivé pour empêcher les intrusions et soutenir les militaires déjà en place.
Le vol RAM, le mien donc, serait prévu en fin de semaine ; au pire, les voyageurs intégreraient le vol de samedi, avec un avion adapté pour contenir les voyageurs de mercredi et de samedi.
Ce qui est sûr :
 Les gens ont été chassé à la bombe lacrymogène.
L'armée française ne réagit pas contre le peuple mais sécurise l'aéroport.
Consigne est donnée de revenir chaque jour, de plus en plus nombreux.
 L'évacuation et l'arrêt de l'envahissement des piste et tarmac ont eu lieu.
 Le face-à-face s'est déroulé sans violence.
 La population a discuté avec les militaires présents.
La population se réfugie aussi dans les hôpitaux, choquée et blessée.

Etrange et ambigü paradoxe

Tel Louis XVI, cloitré dans sa tour d'ivoire, à Versailles et n'entendant pas le peuple gronder, mon ressenti, mon analyse sont étranges.
Protégé dans la "forteresse" où même les nouveaux hommes forts se réunissent et se réfugient - ayant pour certains chambre permanente -, ma vie passe, oisivement, agréablement...
Je le mérite bien !
Déjà, la dualité de la vie, de chaque côté de la haute clôture, me gênait mais là, avec les derniers événements, leurré par ma vie protégée, privilégiée et sécurisée, je me sens mal-à-l'aise !
Parfois...
 La piscine pour nous : çà change les idées !
Une bière à la paillotte : çà détend !
Nager, çà déstresse !
Un bain de soleil, çà calme !
Parfois...
Concert acoustique avec cocktail au bord de la piscine, çà délasse !
J'avoue qu'il est bon, parfois..., d'être de ce côté du barbelé !
Il est vrai que, reprenant le travail lundi prochain, j'ai besoin de me reposer, et que je ne dois plus prendre de risques en restant seul, isolé...
En fait, cela fait des vacances avant la rentrée, congés quelque peu imposés !
Le Peuple s'exprime, gronde, agit et réagit, peut-être instinctivement, et je ne dois pas me retrouver seul face à tous, même si à priori, je suis plutôt de leur côté !

mercredi 28 août 2013

Le clash

Jusque là épargné, il fallait bien y passer !
Tout est perdu, tout à refaire... dans la continuité de l'obligation de partir ! Le peu vendu a été bradé, et le reste s'est envolé.
Heureusement protégé à l'hôtel, seuls mes biens ont subi l'envie*, l'avidité et la convoitise ! Attirés par les signes d'un départ proche, certains ont vite fait d'entrer en forçant portails, portes et fenêtres et ont vidé concession et villa, bien plus rapidement que nous !
J'ai sauvé les malles - expédiées -, une valise - emportée - ainsi que deux véhicules - protégés -, mais surtout ma vie et celle de mes proches ! Le reste...
Je n'ai rien vu, rien entendu, et je préfère : seuls mes gardiens ont connu la furie et "l'enfer" !
§§§
* L'envie (du latin invidia) est un ressentiment et une frustration face au bonheur d'autrui ou à ses avantages. Bertrand Russell explique que l'envie est la plus importante des causes de malheur moral. Non seulement l'individu concerné est malheureux du fait de son envie, mais il souhaite également le malheur aux autres individus !

mardi 27 août 2013

Dossiers banguissois

Dès mon arrivée, après une sieste bien méritée après le voyage long et fatigant, j'ai à faire :
Bilan des ventes effectuées par Moïse durant mes 3 mois d'absence : il a travaillé. La maison a commencé à se débarrasser du superficiel, le jardin aussi. 2 véhicules - protégés - sur 4 sont vendus. L'argent des premières ventes est bien là mais il repart vite dans les frais et dernières factures...
- Suite des ventes et dons : on essaie de se débarrasser de tout, surtout du 4x4 et de la moto que je ne veux pas "sacrifier".
- Clôture des dossiers : là encore, on sillonne la ville : Ambassade de France, LFCDG, Institut Pasteur, assurance, électricité, eau, amis, dons, visites de lieux et proches... Tout est long et fastidieux !
- Préparation du départ : contact avec un prestataire de déménagement, tri et remplissage de malles.
Avec cette excitation du départ, on oublie les coups de mitrailleuses et de canons qui continuent à tonner à quelques kilomètres et à effrayer la population, à tuer des Centrafricains... sans parler des sempiternelles coupures d'électricité, oubliées elles-aussi.
- Fin des préparatifs : les malles s'envolent et arriveront avant moi à destination, enfin ! La maison se vide difficilement, il ne reste que les valises à boucler.
Je conclus cette page de ma vie, certes à l'hôtel Ledger, mais surtout en faisant le tour des administrations pour résilier les contrats d'assurance, d'eau, d'électricité... Je suis rassuré : le coup d'état n'a rien jamais dans les délais, attentes et méandres de la bureaucratie centrafricaine ! Il m'aura fallu 7 signatures pour récupérer une caution de 25 850,00 FCFA, soit 39,81€ !
- Aube du départ : Reconstitution des valises au Ledger : il faut rééquilibrer la mienne et celles de Moïse... Et puis, confirmation attendue : nous serons récupérés à l'aéroport et menés à l'hôtel. Je suis donc bien attendu !

Moïse's story N°01

La suite des épisodes sur :
Après ces derniers jours difficiles et émouvants, encore des larmes - on quitte (et lui surtout !) une ville, un pays, des amis, une famille... -, mais surtout des fous rires !
Premières larmes : je quitte mon équipe, des voisins, un quartier !
De gauche à droite, debout : Gauthier, Isaac, Thomas, Denise (la propriétaire).
Accroupi : Mériadec, Moïse.
Vous connaissez "Un indien dans la ville !" ? Un petit Amazonien arrive à Paris... Choc des civilisations, choc des cultures !
Et bien moi, je vis en réel "Un centrafricain dans la ville" !
Exemples...
Episode N°11
- J'ai pas trouvé l'eau chaude !
Episode N°10 : Que répondre ?
- Trop belle la piscine ! Mais pourquoi ils l'allument alors qu'il n'y a pas de courant dans les quartiers ?
Episode N°09
- Moïse, tu n'es pas sous le drap !
- Moi, je sais pas où dormir, y'a trop d'épaisseurs... 
Episode N°08
- Thomas, comment on fait venir l'eau dans la toilette ?
Episode N°07
- A quoi çà sert un téléphone dans la douche ?
- Moïse, c'est en cas d'urgence !
- Tu appelles quand tu as quel problème dans la toilette ?
Episode N°06
- On peut utiliser les crèmes et les serviettes là-dedans ? Je vais les prendre pour ma grand-mère !
Episode N°05
- Waouh ! Comment il est épais le lit !
Episode N°04
- Y'a pas de clés ?
Episode N°03
- Tout çà, c'est des chambres ?
- Moïse, y'en a 6 fois plus que çà !
Episode N°02
- Pourquoi y'a le salon dans le couloir ?
Episode N°01
- Moi, je monte pas là-dedans ! C'est quoi çà ?
- Moïse, c'est un ascenseur !

lundi 26 août 2013

Repos mérité au Ledger

Autant finir la Mission N°01 Très Possible de façon confortable avant d'attaquer la seconde, surtout avec une fin très désagréable...
Aussi, la maison étant vide, les personnels remerciés, je m'installe avec Moïse au Ledger-Plaza, seul palace 5* de Bangui, dirigé par un parent d'élève, fort sympathique comme sa famille. Tout est fini : il ne nous reste que quelques jours ici : autant en profiter pour se reposer avant le décollage et le dernier voyage !
Dernier lieu de vie banguissoise, pas du tout en phase avec le reste de la ville.
Chambre, avec deux lit je précise ! LOL
Pension complète.
Jardin, piscine, terrasses...
Bar dans la piscine.
Piscine enfin pleine, belle, vue de ma chambre.
La même, la nuit !
Même un jacuzzi aux plantes et des tables de massage ! 
Au départ, hôtel à Bangui - connu -, à l'arrivée, hôtel à Abidjan - inconnu -...
Habile et confortable transition.